JOURNEE DU SAMEDI 16 SEPTEMBRE 2006

Publié le par Papy Rider

JOURNEE DU SAMEDI 16 SEPTEMBRE 2006-10-29

 

 

Je suis comme toujours le premier des pensionnaires de cette maison à être en train de prendre mon petit déjeuner. Après un petit bonjour aux copains de Germaine je sors m’asseoir sur mon coin de trottoir pour fumer ma cigarette. Aujourd’hui Germains doit passer chez la famille de Simone avec Simone bien sur, Abdenour a fini sa semaine de congés et reprend son travail,  et moi je me dis que je vais aller me balader à pieds dans Hussein-Dey et surtout dans mon quartier où je veux encore prendre des photos, on ne sait jamais, je prévois le pire, c'est-à-dire le fait que je ne puisse pas revenir dans ce merveilleux pays qui est si cher à mon cœur et que je considère comme mien. Il faut que j’en profite un maximum de ce pays car mercredi je reprends l’avion pour la France.

 

Comme tous les jours, germaine descend pour déjeuner après l’avoir saluer je vais boire mon café avec la patronne.

 

Après avoir appelé notre « taxieur » nous voilà en route pour Hussein-Dey, on demande à monsieur Wouarhid d’emmener germaine chez son amie Simone et moi de me laisser à la hauteur de la place. Je me balade dans la rue de Contantine, je ne sais combien de fois je l’ai parcourue et combien de Kms j’ai du faire en la parcourant mais je ne peut m’empêcher de le faire car à chaque fois des souvenirs me reviennent en mémoire.

 

C’est assez bizarre d’ailleurs car ce sont des souvenirs d’enfance, très peu de l’adolescence, je me revoie très jeune avec mon père quand il m’emmener avec lui faire la tournée des bistrots. Autant que je m’en souvienne, tous les bars servaient la même kémia mais Il fallait aller boire dans ce bar car les rougets frits étaient les meilleurs, ou dans celui-ci réputé pour ses escargots ou bien encore celui là pour ses moules, étant enfants je ne comprenais pas pourquoi mon père faisait autant de bars alors que dans notre quartier il y en avait un qui servait la même anisette avec la même kémia, ce n’est que bien plus tard alors que j’étais plus âgé et qu’il n’était plus avec nous, que j’ai compris que c’était tout simplement pour boire un coup avec tous ses amis de tous les quartier d’ Hussein-Dey.

 

Oui voilà une des raisons qui me poussent à arpenter cette rue de Constantine si chère à tous les Hussein-Déens.

 

A mon habitude je m’arrête dans plusieurs café pour y boire un thé à la menthe ou un café pour engager la discutions avec la 1ère personne qui m’adressera la parole, je suis heureux de le faire car je vois, je sens que les jeunes et surtout les personnes de mon âge sont tout comme moi et regrettent le temps béni où nous vivions ensembles, bien sur chacun a fait son chemin dans un pays différent, mais la mentalité est toujours la même et avec les anciens on se comprend à demi mot, la complicité qui nous lie est toujours présente et les mots en « pataouette » ou en arabe que j’avais oublié faute de ne pouvoir les utiliser à Lyon me reviennent naturellement, c’est un vrai bonheur, je n’ai plus 66 ans et demie mais entre 18 et 22 ans.

 

 Vous comprenaient maintenant pourquoi j’ai autant fréquenté les bars et bu des litres de thé ou de café pendant mon séjour.

 

Il est 12h30 et je vais manger vers le cinéma « Le Royal » chez l’ami de mon copain Mohamed, où je vais me régaler de différentes grillades aux abats, accompagnées de frites.

 

Après avoir bu un café au « bar des anti-bilieux » je traverse et vais fumer une cigarette à l’ombre sur un banc de la place puis je me dirige doucement vers mon quartier de Lafarge que je veux une fois de plus mitrailler avec mon appareil photo.

 

A peine arrivé à la 1ère rue de mon fief, il m’arrive un truc incroyable, je suis entrain de prendre en photos les façades des immeubles bordant cette rue quand un gamin qui devait avoir une douzaine d’année m’aborde et me demande : « C’est toi Bébert le copain de Mohamed ? » après ma réponse affirmative il me prend par la main et me dit : Viens mon grand-père veux te voir il te connaît et m’a demandé te t’amener chez lui si je te rencontrais » Je suis dans mon quartier et je sais que je peut sans hésitation et sans crainte suivre ce gamin qui me conduit à l’angle de la rue de Lamoricière et de la rue Commandant Baratier, il me fait franchir une porte en fer, qui autrefois était un portillon au milieu d’un muret en pierre surmonté d’une grille et qui donnait dans une cour et si aujourd’hui on ne peut plus voir cette cour depuis la rue, elle existe toujours.

Le gamin appelle son grand-père et je vois un homme qui me prend aussitôt dans ses bras en me demandant alors « tu m’as oublié ? » « Tu ne me reconnais pas ? » Et non impossible de mettre un nom sur ce visage, mais c’est moi et là il, me rappelle son nom, celui de ses parents où il habitait, et les nombreux tours de quartier qu’il a fait sur ma vespa quand il était enfant. Comment aurais je pu le reconnaître il doit avoir 10 ou 12 ans de moins que moi. Il m’invite à entrer chez lui pour boire un café et au cours de notre discussion, la mémoire me revient et je souviens parfaitement de lui, il voulait absolument, quand il avait 6 ou 7ans, devenir gardien de but « goal » comme nous disions à l’époque, pour, lorsqu’il serait grand et moi trop vieux, me remplacer dans les matchs de foot inter-quartier que nous organisions à l’époque. Nous parlons encore un long moment de notre quartier et de nos amis communs puis je continue ma séance de photo. Mais ce jour là il était écrit que je ne pourrai pas prendre mes photos, le bruit c’étant répandu dans le quartier que Bébert était là, toutes les personnes m’ayant connu ont tenu à m’inviter à boire un thé, un café le tout accompagné de délicieux gâteaux arabes, les anciens du quartier ayant pour la plupart disparus ce sont tous ces gamins qui devaient avoir 10 ans quand j’en avais 18, 19 voir 20 ans à qui je faisais faire un tour à moto, aucun roi sur terre n’a été plus heureux que moi cet après midi là, une fois encore je répète, ces gens là sont fabuleux, d’une gentillesse et d’un accueil que je n’ai rarement pu apprécier ailleurs.

 

Je repars de mon quartier sans beaucoup de photos mais avec une immense joie au cœur pour rejoindre un banc sur la place pour savourer les instants inoubliables que je viens de vivre. C’est là que mon ami Abdenour me trouve, il me sait seul aujourd’hui et après son travail il est venu me chercher pour venir m’inviter à souper chez lui avec sa charmante famille, impensable comment en si peu temps j’ai pu m’attacher à cette famille.

 

Comme à son habitude son épouse me fait grossir encore de quelques centaines de grammes et Abdenour me raccompagne à ma pension. Germaine n’est pas encore rentrée, je rejoints ma chambre, je prends une bonne douche et je m’endors  avec la tête remplie de gamins sur une vespa que je conduis dans les rues de mon quartier.

 

 

 

Publié dans papy-rider

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Diemer Hubert 30/10/2006 17:03

Tu nous a fais revivre un moment très intense et je t'en félicite. tu as repassé une partie du film de ta vie et nous l'avons vécu avec toi.Amitiés. Hubert