DERRIERE LES YEUX

Publié le par Papy Rider

Germaine m’a demandé de lui servir d’éditeur afin de mettre sur mon blog ce texte qu’elle a écrit, afin que puissiez le lire.

 

Combien parmi ceux, qui comme moi, ont eu la chance de pouvoir faire ce retour aux sources en revenant dans notre pays natal ont gardé cette nostalgie de ce pays magique.

 

Nous ne pouvons comparer que les choses comparables, dit on, et la mentalité des Algériens ne peut être comparée à aucune autre

 

DERRIERE LES YEUX

 

Entre midi et 14 heures, je suis allée me promener avec ma petite chienne Lalie qui "travaille" dans son panier chaque jour avec moi. On est en Novembre et il fait un temps de printemps. Je m'assois un moment sur "Les Barques", en centre ville. Je suis là et je regarde. Les rues sont presques vides. Quelques passants, pressés, le visage fermé ne me jettent pas un regard. Le silence ..... le vide ......  Les touristes sont partis : la ville est morte et indifférente.

 

 Tellement que pour combattre mon cafard, je vais chercher derrière mes yeux un paysage plus coloré, des gens plus accueillants, des bruits et des musiques, des voix et des regards qui enfin croisent le mien et surtout des sourires ......

 

Sur mon banc, malgré un soleil et un ciel bleu que beaucoup m'envieraient,  je pars chercher une autre chaleur ....

 

Toi, mon petit frére qui a pris des jours de congé pour me faire vivre mes rêves vieux de quarante ans ....

 

Et toi, jolie petite abeille, toujours à bourdonner autour de ta famille et de moi pour être sûre que tous sont comblés ..... toi qui m'a prise dans tes bras à la seconde où tu m'as connu .....

 

Toi, que l'on appelle le dictionnaire de la ville, qui à peine arrivé dans ta famille nous a consacré a consacré tant de moments.....

 

Et toi que j'appelle mon petit copain, malgré l'énorme fossé des années qui nous séparent. Tu ne parles pas beaucoup mais je sais depuis le premier jour qu'entre nous il n'y a pas besoin de mots : quand nos yeux se rencontrent, je sais que nous pensons ensemble et que nous rions en dedans comme je le fais avec mes enfants ......

 

Et vous que je n'ose pas tutoyer tellement vous m'impressionnez, vous qui êtes venu jusqu'à l'aéroport m'amener un cadeau ......

 

Tous, vous m'avez reçu chez vous vous, tous vous avez pris du temps pour nous offrir des repas, des thés, des gâteaux, des cadeaux ......

 

Et vous, les joueurs de dominos aux cheveux gris, assis sur la place ......

 

Vous, le jardinier de cette pépiniére de rêve, qui, sous la pluie êtes monté en haut d'un arbre pour me cueillir un fruit inconnu juste pour le plaisir de me faire plaisir car je n'avais rien demandé .....

 

Vous, le "taxieur" à la voix douce, toujours disponible .... vous, le vieux marchand kabyle qui m'avez fait cadeau d'une ceinture de laine tressée ..... vous le marchand de roses qui m'avez toujours rajouté une poignée de fleurs ......  vous,  les gardiens du cimetiére,  les commerçants, les connus et les inconnus, je vous imagine dans vos décors bariolés de gaité, dans le brouhaha de vos voix : vous vivez !

 

Mais l'heure passe. Ma petite récréation en pensée se finit.

 

Je suis toujours sur mon banc, prés de la mairie, ma petite chienne a fini par s'endormir : il n'y a rien à voir  ...

 

Pas même un chat perdu ne s'est approché de moi, pas même une fourmi n'a voulu voir quel goût j'avais ....

 

Allons, il faut retourner au travail et chercher le positif : je suis vivante et j'ai derriére mes yeux un secret. C'est mon petit cinéma personnel qui me fait défiler à volonté toutes les belles images que vous m'avez tous donné.

 

Je prends les rues qui ménent à mon bureau. En passant, je m'arrête chez Youcef, cafetier de son état. Là, enfin, j'ai un merveilleux sourire, un "bonjour", un "comment ça va?" et mon café arrive sur la table sans l'avoir commandé ....

 

Bah ! il y a quand même de bonnes choses : suffit de les chercher, de les trouver et de bien les garder .....

 

 

N’hésitez pas à faire comme moi ,encourageaient la, par vos commentaires, à créer son blog perso

 

 

 

Publié dans papy-rider

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Bucco 13/11/2006 00:57


  Quel magnifique récit  !  téllement criant de véritée .
Comment ne pas être émue , en te lisant  ! surtout quand ont a soit
même vaicue cela . au fil des ligne , je revivait ces mêmes moments .
Bravo ! ma petite Gérmaine , continue d'écrire, cela vide la tête !
de plus tu est trés douée pour écrire, sincérement.  trés gros
bisou de ton amie .      MiMi..B..........La petite cigale !

Gilbert Melia 12/11/2006 19:47

Bravo Germaine
Encore nous en voulons encore et je suis prêt à mettre sur mon site toutes les belles choses que tu voudras bien écrire. Bien sur uniquement jusqu'à ta retraite très proche où tu créeras ton propre blog
 

KHALED 12/11/2006 17:06

Un morceau d'anthologie que ce beau récit. Il n'y a rien à dire, c'est du parfait. J'espère que vous ne vous arrêterez pas en si bon chemin et qu'il y en aura d'autres aussi bien écrits

ninette 12/11/2006 11:58

Trés belle ton évasion d'un instant et tellement réelle.... bisous... ta copinette.... NinetteTt

DANN 12/11/2006 00:42

Quel TALENT, Susu ....
En te lisant, j'avais moi aussi, des images qui "défilaient", des odeurs qui revenaient. C'est vrai, il suffit parfois de fermer les yeux pour voir un monde "meilleur".
Merci pour ce délicieux moment. Bientot un nouveau récit ??? Bises