Mes plaisirs démodés
Chut Jacqueline c’est un secret si tu revois Robert raconte lui ce qui suit, je suis sur qu’il s’en souvient encore.
Nous avions à peine 10 ou 11 ans. Nous somme en été, il est 14h00 nous sommes jeudi et je suis avec mes amis Christian LEFRANC et Robert LLORENS à la plage des Sablettes.
Je ne sais pas si vous connaissaient mais aux Sablettes il y avait ce que nous appelions une « Sécca » c’est un rocher large d’une dizaine de mètres, qui part de la plage et va vers le large. Cela permet d’avoir de l’eau à mi mollets très loin du bord mais quand vous étes à 80 mètres de le plage, sur les cotés c’est un à pic qui descend à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Il y a eu des noyades dans ce coin dues au fait que la personne ne sachant nager et balayée par une vague se retrouver avec 30 mètres d’eau sous elle.
Nous sommes donc tous les trois juste à coté de TAMZALI en bas du jardin d’essai. Il fait beau et avec mes copains nous avons décider d’aller ramasser des moules, ces grosses moules qui sont accrochées en grappe de part et d’autres sur les tombants à pic de cette « sécca ».
Nous n’avons que nos slips « petit bateau » car nos mères ne savent pas que nous somment à la plage.
Pas de ceinture plombée, pas de palmes pas de masque, pas de tuba. Nous ne possédons qu’une binette au bord tranchant préparée par mon père pour ce genre d’exercice, que j’ai « emprunté » discrètement.
Il faut que nous descendions à environ 15 ou 18 mètres de profondeur pour trouver les moules les plus grosses et ils nous faut nous lester pour le faire.
Nous allons vers le fond de la plage vers Tamzali pour rouler, car elles sont très lourdes, des grosses pierres que nous amenons avec d’énormes difficultés, sur cette « sécca » à enriron 80 mètres de la plage. Cela nous prend à tous les trois environ une heure pour ce transport. Le manche de la binette est percé d’un trou où mon père a mis une cordelette formant un bracelet.
Je passe la cordelette à mon poigné et la binette pend à mon bras. Je rentre dans l’eau, Robert et Christian font rouler la pierre au bord du rocher, je m’accroche à cette pierre avec mes deux mains. Ils poussent cette pierre et je coule entraîné par cette pierre. Je la cale contre moi avec la main droite et laisse ma main gauche en contact avec le rocher. Quand je sens les moules avec cette main, je lache la pierre et me retiens de la main gauche sur le rocher pendant qu’avec la droite je découpe avec la binette une grappe de moules, tout cela au juger car je suis sans masque.
Après avoir découper une grappe de moules, je laisse la binette pendre à mon poigné, je cale la grappe de moiles coutre ma poitrine et je nage vigoureusement vers la surface où mes amis m’attendent. Arrivé à la surface ils récupèrent la grappe de moules et m’aident à remonter sur la « sécca », où je peux enfin récupérer mon souffle.
C’est ensuite au tour de Robert de plonger pour récupérer des moules. Christian ne sachant pas nager est chargé de ramener les grappes de moules vers la plage, après que Robert et moi avons plongés au moins deux ou trois fois. Nous avons la plupart du temps au moins 5 kgs de moules après nos plongées.
Pendant que Robert et moi récupérons de nos plongées, Christian nettoie sommairement les moules avec un « doug doug » Robert et moi allons récupérer une grande plaque de tôle qu’il a, il y a longtemps déjà « récupérer » à l’usine de son oncle. Cette tôle nous la cachons soigneusement sous le sable à un endroit connu de nous seuls. Je ne sais pas si elle n’y serait pas encore aujourd’hui car elle a servie pendant des années sans que personne ne nous la vole.
Nous creusons un trou dans le sable, nous y mettons du bois récupéré sur la plage, nous bordons tout le tour du trou avec des galets, nous allumons une feuille de papier journal et la glissons sous le bois, quand les flammes jaillissent nous mettons la tôle sur les galets. Nous disposons nos moules et nous les mangeons avec fierté car c’est nous seuls qui les avons ramassé et fait cuire. Quand un de nous a un peut d’argent il achète une bouteille de limonade pour faire glisser les moules.
Avant d’acquérir la technique du ramasseur de moules, combien de plongées avons-nous effectués pour rien. La raison la plus fréquente était que nous prenions de trop grosses grappes de moules et il nous étaient impossible de remonter en surface malgré tous nos efforts, nous étions obligé de lâcher, à notre grand regret la grappe de moules et il nous fallait tout recommencer, aller chercher une pierre etc….
Une fois les moules dégustées, nous allons cacher la tôle, nous enlevons nos slips et remettons nos pantalons « à manches courtes », puis nous allons derrière les tabacs à la ferme où il y avait une noria avec un grand bassin pour arroser les champs. Là nous rinçons nos slips petit bateau pour que nos mères ne puissent s’apercevoir que nous avons été à la mer, cela nous était interdit sans que nous soyons accompagnés d’un atulte, nous attendons qu’ils séchent et nous les remettons sous nos culottes et on rentre au quartier.
Malgré tout le soin apporté pour cacher ces faits, je ramassais une « tannée » à chaque fois que j’allais à la mer me baigner.
Je posais la question à mes deux amis pour savoir si tout comme moi ils avaient été puni et la réponse était toujours : Oui ; Lorsque nous l’avons compris il était trop tard et nous étions assez âgés pour aller nous baigner sans la présence d’un adulte.
Voila un des jeux idiots avec lesquels je m’amusais avec mes deux copains quand j’étais encore un garnement qui, au grand désespoir de sa mère, ne craignait pas de prendre des risques pour montrer qu’il était le meilleur.
Lors de mon récent voyage, j’avais l’intention de ramener un peu de sable de cette plage, mais je n’y ai pas eu accès. Il y avait des travaux sur la route Moutonnière et la plage était entourée d’une palissade qui m’en interdisait l’accès, pourtant, j’aurai bien aimé fouler le sable de mes pas et revoir cette fameuse « sécca ».
Comme dis mon ami Abdenour : « Peut être lors d’un autre voyage Inch Allah ».
Nous avons mis longtemps pour savoir comment nos mères devinaient nos escapades dans l’eau. Quand elle nous lavaient le soir elle grattaient avec un ongle une partie de nos jambes et comme nous ne nous rincions pas à l’eau douce une traînée blanche leur signalait qu’il y avait du sel sur notre corps d’où « tannée ».
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