MON DERNIER JOUR CHEZ MOI

Publié le par Papy Rider

JOURNEE DU MERCREDI 20 SEPTEMBRE 2006

 

 

Aujourd’hui Germaine et votre serviteur se sont levés très tôt car, Hussein-Dey c’est fini dire que c’était  la ville de mes premiers amours. Nous avalons notre petit déjeuner rapidement car nous devons être à l’aéroport d’ALGER à 8H00. Pas de cigarette sur mon coin de trottoir aujourd’hui, dommage.

 

Madame ketfi nous accompagne dans un taxi jusqu’à l’aéroport et nous guide pour nous montrer vers les différents guichets pour la douane, enregistrement des bagages et touti quanti. Nous la saluons et nous la remercions pour son accueil et sa gentillesse. Nous retrouvons Sabine que Lyes a accompagné elle est déjà dans la salle d’embarquement. Lyes nous dit au revoir et me donne un petit cadeau, merci Lyes. Nous le remercions pour sa gentillesse pour le moment formidable que nous avons passé avec sa famille. Nous allons vers les guichets pour accomplir les différentes formalités pour notre embarquement.

 

Je dépasse de près de vingt Kg le poids autorisé pour mes bagages et je dois aller à un autre guichet pour m’acquitter du surplus de poids puis revenir avec mon reçu à celui de l’enregistrement. Un moment de suspense juste avant çà.

 

Quand nous sommes passé à la douane, aussi bien Germaine que moi, avions dans nos valises un énorme poignard que nous avions acheté la veille à AÏn-Taya et bien sur quand nos valises sont passées « à la radiographie »les douaniers nous ont demandé qu’est ce que nous transportions. Nous leur expliquons que c’est un poignard dans sa gaine que nous comptons offrir à des amis en France. Un douanier ouvre la valise de Germaine et sort de sa boite le poignard, il le sort de sa gaine  et en passant le pouce sur la lame il remarque que la lame est tranchante comme un rasoir. Je me dis c’est foutu il vont nous les confisquer, moi qui adore les armes blanches il va me piquer ce joli poignard, et bien non, il remet tout en place et nous souhaite un bon voyage. Si je vous raconte ce petit incident et notre nervosité à propos de ces poignards, c’est parce que deux minutes avant, les mêmes douaniers avait confisquer à Germaine un coupe ongles qui était dans son sac à main, un objet qui avait fait 3 voyages. 2 l’année dernière Marseille, Hussein-Dey aller et retour et celui lors de notre arrivée le 5 septembre. Elle tenait beaucoup à ce coupe ongles car il appartenait à son père. Elle aurait du le mettre dans la valise, car tout les bagages qui vont dans la soute semblent pouvoir contenir des objets interdits en cabine, ce qui me parait normal, mais je ne vois pas de quelle manière pourrait on  se servir d’un coupe ongles pour qu’il soit aussi dangereux qu’une arme ??

 

Malgré toutes ces péripéties nous arrivons à temps pour embarquer dans l’avion mais nous ne sommes plus ensemble. Sabine est à coté de moi et Germaine 2 à 3 rangées  derrière nous. A peine installés, l’avion roule et à 10h05 ses roues quittent le sol de mon cher pays.

 

Un moment plus tard je change de place avec Sabine qui est à ma droite et qui converse avec une personne qui est à ma gauche. Je n’entends pas leur conversation, mes pensées sont restées là bas chez moi, dans mon bled dans mon beau pays. Je revois, dans le désordre, tout ce que je ne suis pas prêt d’oublier, l’accueil de Lyes, des propriétaires de la pension de famille, l’accueil d’Abdenour et de toute sa famille, celle de Hassan et de ses parents, de sa famille,  l’accueil des Algériens dont j’ai fait la connaissance dans les cafés et sur la place d’Hussein-Dey. Je suis dans mon quartier avec mes amis Mohamed et Sid Ahmed. Je marche dans les rues que j’ai fréquentées étant enfant, je suis dans la cour de mon immeuble, au foyer municipal. Je retrouve la mentalité des personnes que je côtoyais  journellement quand j’étais encore dans ce pays merveilleux.

 

Je vois tous les paysages que j’ai traversés, la beauté de la mer et du ciel. Des visages que je n’avais vus auparavant apparaissent, ce sont ceux de certains Hussein-Déens croisés dans les rues, les magasins, sur la place, dans les cafés. Tout se mélange, le passé des années 1950 et celui d’hier. Comment oublier cette phrase rituelle et merveilleuse  entendue des centaines de fois. « Bien venu chez vous ». Je retiens difficilement les larmes qui me montent aux yeux. Je ne saurai dire si ce sont des larmes de joie dues à ce séjour, ou des larmes de détresse du fait de mon retour, je pense que les deux doivent se mélanger. La voix du commandant de bord annonçant notre arrivée prochaine à Marseille me ramène dans l’avion. Je jette un coup d’œil vers germaine, elle semble perdue elle aussi dans ces pensées.

 

Nous débarquons de l’avion et nous récupérons nos bagages. J’ai perdu Sabine, me reste Germaine avec qui je me dirige vers la sortie.

 

Mon ami Bernard est là, Maïté est là elle aussi avec Christian son époux pour nous accueillir, le fait de voir ma cousine et cet ami très cher de mon quartier, calme ma détresse et me redonne du courage, je sais qu’ici dans tous les contrées de France, j’ai des amis aussi sincères que ceux que j’a retrouvé là bas chez moi, si vous voulez les connaître rien de plus facile allez visiter le site d’Hubert.

 

Maïté qui habite à Marseille, propose à Germaine de la conduire à la gare saint Charles, on se fait une bise et mon ami Bernard me ramène chez lui.

 

Voila mes amis, je quitte mon pays, mon bled, mon chez moi, de corps depuis un moment, mais d’esprit aujourd’hui 9 novembre 2006. Mon désir le plus cher est de pouvoir y retourner le plus tôt possible car si ma patrie est la France mon pays reste l’Algérie. Je remercie encore GERMAINE, SABINE et ABDENOUR pour toute l’aide qu’ils m’ont apportée. Je vous demande de bien vouloir excuser les nombreuse fautes de frappe, d’orthographe et de syntaxe que vous avez du relever sur toutes  les pages que vous m’avez fait l’honneur de lire.

 

 

FIN D'UN REVE ENFIN REALISE.

Publié dans papy-rider

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bapceres henri 18/08/2007 00:57

J'ai vécu en mai 2006 les même moments d'émotion. j'y suis retourné en mai 2007 et j'espère y retourner le plus souvent possible.

Diemer Hubert 12/11/2006 10:47

Bravo et merci Gilbert et Germaine pour ces récits très émouvants.Lorsque j'ai fais mon premier voyage en mai 2004 avec Joelle Trioullier au cours duquel nous avons aussi eu un accueil très chaleureux de la part des algériens, je n'avais pas resentis d'émotions particulières à H-Dey.C'est au retour, à l'aéroport de Marseille quand j'ai donné mon premier coup de fil à ma femme, en attendant le vol Marseille/Nantes que tout s'est déclenché, et là je n'ai pu parler à ma femme tellement je pleurais. j'avais craqué complètement et j'avais réalisé par la suite que ce voyage m'avait marqué profondément. Comme vous aujourd'hui.Amitiés sincères

ABDENOUR 11/11/2006 10:19

Mon cher frère je suis très heureux pour toi et je fier d'avoir eu l'honneur de pouvoir partager une partie de ton séjour dans ton "BLED". Je n'ai pas voulu t'éttuoffer sinon je ne t'aurai pas quitter d'une semelle. Bref je prie DIEU pour que ce soit partie remise.

Pierre PASCUAL 10/11/2006 10:23

Salut Gilbert, je suis très heureux pour toi et je t'envie. Encore bravo pour ton magnifique récit. Amicalement Pierre.